Le Pont labre de la Fosse

 

Le Pont (de) Labre de la Fosse

Le Pont Labre est le dernier pont qui enjambe la Lawe entre le centre de la Fosse-Lestrem et la rue de Béthune. On retrouve déjà trace de son existence sur le cadastre de 1836 (voir ci-dessous). Il fut un ouvrage stratégique lors des batailles de la Lys et la Lawe.

plan cadastral de 1836 avec Pont Labre

Sur la photo ci-dessous, c'est un pont levis qui s'érige à cette endroit. On remarque que par rapport au plan ci-dessus, le bâtiment carré numéroté 307 n'existe plus.

Pont levis du pont labre

Vue du Pont de la Fosse, ancien Pont (de) Labre, prise du chemin de halage.

Pont labre de La Fosse

 

La bataille de la Lys, 1918.

Cette description du journal Le Pays de France provient de la Wikipedia et est grandement inspirée du site anglais : The Great War in a Different Light.

Le 9 avril, dès l'aube, un intense bombardement du front compris entre le canal de la Bassée et Armentières sur la Lys est enclenché; l'ennemi emploie particulièrement des obus à gaz asphyxiants. Ce mode de bombardement dans une plaine basse, humide, produit du reste des résultats heureux pour lui. Les vapeurs lourdes restent attachées au sol.généraux Allemands

Avril 1918. Le général von Quast, commandant l'armée allemande dans le secteur de la Lys, et son chef d'état-major, le lieutenant-colonel von Lentz.

Le 9 avril au matin la ligne anglaise passait par Houplines, La Chapelle- d'Armentières, le bois de Fromelles, Richebourg-l'Avoué, Violaines, ouest de La Bassée. Dans ce secteur, les ailes sont tenues par des divisons anglaises. La 55e division, qui restera célèbre, défend la partie sud, vers La Bassée. Le milieu de ce secteur est tenu par la division portugaise qui recevra le choc allemand et pliera sous l'effort ; elle occupe la partie entre Fauquissart-Fleurbaix; au nord, les troupes anglaises se joignent sur la Lys à l'armée d'Ypres qui occupe le secteur de Messines. Le 9 avril, une brume épaisse dans ces régions basses favorise l'attaque ennemie. L'observation est, en effet, rendue difficile et dès le début la poussée ennemie prend pied sur le front Neuve-Chapelle, Fauquissart, la ferme de la Cordonnerie. Le centre de la ligne a ployé ; seules les ailes résistent. Au sud Givenchy-Violaines, au nord Fleurbaix-Armentières. L'attaque ennemie devient plus violente dans la soirée du 9 avril : elle peut pénétrer et s'avancer jusqu'à Laventie ; elle s'approche de la Lys et menace Estaires. Le 10 avril, la bataille continue avec rage sur tout le front initial d'attaque, de Fleurbaix à Givenchy (17 kilomètres), mais vers le nord elle s'étend et gagne Armentières, les hauteurs de Messines, Hollebeke. Dans le secteur initial d'attaque, l'ennemi après une lutte intense arrive au cours de la Lys et atteint même la Lawe à son confluent. Il occupe, le 10 au soir, La Gorgue, les premières maisons de la face est d'Estaires, enfin il a pu franchir la Lys et se tient sur la rive gauche d'Estaires à Bac-Saint-Maur. Aux deux ailes il est toujours contenu. Dans la partie nord du champ de bataille, le combat s'est développé face au canal d'Ypres à la Lys. L'ennemi a abordé les hauteurs de Messines et les bois au nord-est de Ploegsteert. Armentières reste toujours entre les mains des Britanniques qui essayeront de la conserver jusqu'au dernier moment. La bataille, le 10 avril, a donc pris une tournure nouvelle. Au combat de secteur, sur un front de 17 kilomètres, a succédé l'assaut des lignes britanniques sur près de 36 kilomètres (d'Hollebeke à Givenchy). C'est une très grande bataille qui se livre et le but ennemi se voit de suite : la rupture de la ligne de défense et la marche sur Hazebrouck-Saint-Omer. Le 11 avril, la lutte se poursuit sur tout le front avec acharnement. Au centre, Armentières a été voilée par une nappe de projectiles asphyxiants ; la ville n'est plus tenable ; les Anglais doivent l'évacuer. Sur la Lys, l'ennemi a fait des progrès ; il a pris pied sur la rive gauche et s'est avancé jusqu’à Steenwerck, route de Messines à Estaires ; sur la Lawe il a pu prendre pied également sur la rive gauche de ce cours d'eau vers Locon ; il avait bien franchi la rivière à Lestrem, mais il en a été rejeté par la suite et occupe La Gorgue. Plus au nord l'attaque allemande a progressé en face de Messines qu'elle n'a cependant pu dépasser.
Dans la nuit du 11 au 12 avril, une lutte acharnée se développe sans interruption sur le front Merville, Vieux-Berquin, Steenwerck. L'armée du général allemand von Quast a pu progresser ; elle a atteint Merville sur la Lys ; elle s'est emparée du village de Vieux-Berquin. L'avance allemande menace Hazebrouck et Bailleul. La colonne du général von Gallwitz marche sur Vieux-Berquin, Merris ; celle du général von Bernhardi sur Estaires.
Plus au nord, l'armée allemande de von Arnim a fait effort sur les Britanniques ; elle a pris pied dans le village de Nieppe, gagné Neuve-Eglise, dépassant le bois nord de Ploegsteert ; c'est la poussée générale vers l'ouest dans la cuvette Hazebrouck-Bailleul. Il n'y a pas à se dissimuler le danger de cette poussée et de la marche vers Saint-Omer des troupes allemandes (colonne du général von Eberhardt). A la date du 12 avril la situation se présente donc sur la Lys de la façon suivante : la ruée allemande a eu raison du secteur portugais et, si aux deux ailes les armées britanniques tiennent les deux points d'appui de Givenchy-La Bassée au sud, Messines au nord, sur le centre les lignes britanniques ont reculé de près de 16 kilomètres.
Le 13 avril, la bataille se poursuit avec une intense activité sur tout le front. C'est surtout au centre que l'ennemi parvient à gagner du terrain : il arrive en vue de Bailleul, poussant des pointes jusqu'à Méteren. Au sud il n'a pu briser la résistance anglaise. Les Britanniques tiennent toujours Givenchy et le petit coteau qui couvre le canal de La Bassée, Festubert, la Lawe au sud de Locon. Au nord l'armée von Arnim, engagée sur son aile gauche (colonne von Eberhardt) a assailli Messines et est arrivée aux abords de Neuve-Eglise. Les ailes du front anglais continuent à résister ; l'appel vibrant du maréchal Haig a été entendu et compris : les renforts français arrivent. Le 13 au soir il semble que la poussée allemande soit enrayée ; elle a formé dans le front anglais une poche qui s'étend de Givenchy à Bailleul-Messines ; elle n'a pu rompre le front des Britanniques ; la bataille se ralentit sur la Lys et le canon tonne de nouveau vers Montdidier.

La bataille de la Lys n'est qu'une bataille secondaire destinée peut-être à attirer au nord les réserves massées en face d'Amiens, mais probablement aussi à former dans nos lignes un saillant dont l'ennemi se servirait, le cas échéant, pour se rabattre soit vers le sud soit vers le nord ; en effet, quelques jours plus tard s'amorçait la grande bataille des Flandres avec pour objectif immédiat la conquête des Monts.

 

La bataille de la Lys

Histoire de la 51ème division Highland (Ecosse) 1914-1918. PAR BEWSHLER F.W. MAJOR DSO, MC 

Le 19 avril 1918, la division arrive par train dans un endroit près de Béthune, où elle reste quelques jours à se reposer et reprendre des forces. Le seul événement d’intérêt qui se produisit dans cette région fut le bombardement accidentel en plein jour aux abords du Q. Général de la division par un avion de reconnaissance britannique, heureusement sans victimes.

Le 7 avril, la division fut transférée au XIème corps d’armée et envoyée vers le front des divisions portugaises qui tenaient la ligne du front entre Neuve-Chapelle et Festubert.

Le QG de la division fut établi à Robecq, un village qu’elle avait occupé lors de sa première arrivée en France. La 152ème brigade fut envoyée à Ham-en-Artois, la 153ème brigade à Busnes (Business comme les soldats la surnommaient), la 151ème brigade à Gonnehem et la Division d’artillerie vers Amettes.

Les unités étaient en cours de réorganisation dans les circonstances les plus difficiles. Quelque 3 000 hommes les avaient rejoints en renfort, mais peu de nouveaux officiers étaient arrivés. De plus, les autorités avaient confondu en postant les Gordons(1) avec les bataillons Black Watch(2) et les Seaforths(3) vers les Argylls(4) (ce sont des clans écossais). Ceci avait considérablement éprouvé le tempérament des hommes et augmenté les difficultés de leurs commandants.

Alors que la division se reposait, il y avait beaucoup de spéculations pour  savoir si l'effort de l'ennemi ne s'était pas porté dans le sud, et s'il était susceptible de faire de même dans cette partie du front, en vue de menacer les ports de la Manche. 

L’offensive allemande

En fin de compte les mêmes zones blanches ont été signalées sur le devant de l'ennemi comme ils avaient apparu en face de la division juste avant l'attaque allemande du 21 mars. Il a donc été estimé avec certitude qu'une nouvelle offensive dans cette partie du front pourrait être prévue. Des dispositions furent prises pour renforcer les deux divisions portugaises par la 50ème division et une autre en face de cette position allemande. Ce dispositif a été prévu pour le l0 avril.                              

Soldats allemands à l’offensive en 1918, Ils portent le « Stahlhelm », casque d’acier depuis 1916.  Pendant ce temps, certains changements ont eu lieu dans la division. Le général Pelham Burn, dont la santé l'année dernière avait été très médiocre, a été contraint de céder le commandement de la 152ème brigade. Il est difficile d'estimer la peine que causa son départ, non seulement dans sa brigade, mais également pour l'ensemble de la division.

Tout au long de sa période de commandement, il avait fait preuve d'une connaissance de la tactique de minage et de la confection de tranchées qui avait été précieuse à ses bataillons et à l'infanterie dans son ensemble.

Pour la satisfaction de tous, le général Burn a été remplacé par le GSO1, le lieutenant-colonel JK Dick Cunynghame, C.M.G., D.S.O. Il n’y avait probablement aucun officier entre les mains duquel les traditions de la 152ème brigade auraient pu être mieux confiées.

La campagne dans laquelle la division était cantonnée,  était typique des Flandres, un pays plat, parsemé de hameaux, de fermes et de vergers entrecoupé de ruisseaux, fossés et clôtures. En certains endroits, c’était marécageux, et il était impossible de creuser des tranchées à une profondeur de plus de trois pieds, sans atteindre l’eau.

À 04h05 le 9 avril 1918, un bombardement intense a éclaté sur le front des divisions portugaises sur la ligne Richebourg-l'Avoué, Neuve-Chapelle, Fauquissart.

A 10h l’information a été reçue que les Portugais avaient rompu.

Le 10 à 06h30 la 152ème brigade, conformément aux instructions émises par le corps, avait ordonné à ses bataillons de sortir de leurs positions de réserves : le 5ème régiment Seaforth Highlanders vers les Huit Maisons (de La Fosse à La Couture), le 6ème Seaforth Highlanders à La Couture, le 6ème Gordon Highlanders vers Zelobas et La Croix Marmuse.

A 11h30 la 152ème brigade avait établi son QG près de La Croix Marmuse, où ses bataillons étaient en attente de guides (le corps des cyclistes et les cavaliers du roi Edward VII) pour les unités qu’ils devaient relever aux Huit Maisons et La Couture.

La 152ème brigade était sous les ordres directs du XIème corps.

Dès que des renseignements précis de l'avant ont été reçus, il est devenu évident que l'attaque allemande faisait des progrès considérables. L’ordre a été donné à la 154ème brigade  de joindre la zone de la 55ème division, à l’est du Canal Aire-La Bassée, à la division d’artillerie à Gonnehem, et la 153ème brigade dans la zone Cornet-Malo et Pacault. La 51ème division du bataillon de mitrailleuses avait aussi reçu l’ordre d’envoyer une compagnie rejoindre chacune de ces trois brigades.

A ce moment, l’information concernant la progression de la bataille était extrêmement vague. Cependant il était connu que les Portugais avaient été submergés et ne pouvaient plus longtemps être considérés comme une force de combat. Les seules troupes opposées aux Allemands en face de la division étaient les cavaliers du roi Edward VII et le corps des cyclistes. La 50ème division était connue pour être sur une ligne est de la rivière Lawe au nord de Bout-del-Ville (La Gorgue/ Richebourg/ Vieille-Chapelle). A 12 heures 45 les 5ème et 6ème Seaforth Highlanders commençaient leur avance, guidés par les troupes des cavaliers du roi Edward VII. L’officier commandant le sixième régiment des Seaforth Highlanders avait l'intention de placer deux compagnies à La Couture.  Mais quand le début de la compagnie avait atteint le pont piétonnier à l’est du Vert-Lannot (appelé par la suite le « pont de liaisons »), elle arriva sous un tir de fusils et de mitrailleuses. En dépit du feu nourri qu’ils devaient affronter, un essai fut entrepris de poursuivre la progression, mais sans succès. Deux compagnies sont alors mises en place le long de la rive ouest de la rivière Lawe, à 200 mètres au sud du « pont de liaisons » vers le pont au sud à Vieille-Chapelle: l'un était disposé à la périphérie ouest de ce village, l'autre en réserve à Lobes. Une tentative de faire sauter le « pont de liaisons», aboutit malheureusement à sa destruction partielle.

Sur le front, les cavaliers du roi Edward de la 5ème Seaforth Highlanders, offraient une résistance acharnée contre une forte pression sur une ligne à partir d'un point situé à quelque 300 mètres au nord de La Couture situé juste au sud du Bout-del-Ville. La situation était, cependant, désespérée. Les deux flancs avaient été tournés, l'ennemi ayant occupé La Couture et le Bout-del-Ville. Malgré leur position isolée la cavalerie se maintient avec la plus grande bravoure.

A ce moment-là, le poste du Marais était encore occupé par les troupes de la 50ème division. Deux compagnies du 5ème Seaforth Highlanders reçoivent l’ordre de tenir la rive ouest de la Lawe tandis que deux autres traversent la rivière. Ils parviennent aux Huit Maisons, en renfort de deux pelotons de la garnison de cavalerie. La compagnie restante est déplacée de façon à former un flanc face-nord sur la route de La Fosse. Le bombardement était intense, et particulièrement violent sur le village et sur les deux rives de la Lawe.

Des combats acharnés suivent, immédiatement après la mise en position, ils empêchent les tentatives répétées pour envelopper leur flanc gauche. L'arrivée du 5ème Seaforth Highlanders a permis de soulager considérablement la pression. La garnison est en mesure de conserver la position des Huit Maisons pour quelques heures.

Le poste du Marais était tombé, mais l'ennemi semble être autour des Huit Maisons, la garnison se replie face au tir de mitrailleuses lourdes et des bombardements. Les troupes se retirent au poste de La Fosse qui, avec l'aide du quartier général du 5ème bataillon des Seaforth Highlanders, occupe trois côtés.

Alors que cette action est en cours, la 8ème compagnie du Gordon Highlanders sous le commandement du capitaine JR Christie, a été envoyée à Vieille-Chapelle pour renforcer la garnison commandée par le lieutenant Stein. Cette compagnie a placé une section à l'ouest du pont enjambant la Lawe, le reste prend position dans Vieille-Chapelle, en dépit d'un terrible bombardement auquel le village est soumis. Les trois autres compagnies du 6ème Gordon Highlanders sont déployées sur le front ouest de la Lawe au nord de La Tombe WiIlot.

Pendant ce temps sur la gauche, la l53ème brigade avait reçu l'ordre d’avancer, mais les routes étaient si encombrées par les troupes portugaises et les réfugiés en mouvement vers l'ouest qu'il a fallu attendre 17 heures 45 pour que les bataillons puissent se déplacer vers le Pacault. A cette heure la septième Gordon Highlanders avec quatre mitrailleuses, s'avança pour prendre position à l'est sur la Lawe au nord du village de La Fosse. Au cours de leur progression ces bataillons sont mitraillés par les troupes de la 50ème division qu'ils rencontrent. La situation était incertaine.

Soldats anglais en 1918

En outre, un changement de dispositions est devenu nécessaire, car le front de la division a été soudainement étendu afin d'inclure l'ensemble de Lestrem. En conséquence, pratiquement aucun soldat de la 153ème brigade d'infanterie n’a été en mesure de traverser la rivière, sauf pour un peloton de la septième Gordon Highlanders, qui formait une tête de pont pour protéger le pont, juste au sud de la boucle de Lestrem.

Le 7ème Gordon Highlanders et la 6ème Black Watch ont finalement pris position sur la rive ouest de la Lawe au nord de La Fosse, sur la droite de la 154ème division de la brigade, jusqu'au matin du 10. Ils étaient sous les ordres de la 55ème division, le quatrième Seaforth Highlanders restant avec la 166ème brigade jusqu'au 13 avril.

Le 7ème Argyll and Sutherland Highlanders avait décroché à 11 heures 40 le 9, après diverses péripéties et modifications des plans, en raison de l'évolution rapide de la situation. Ils ont finalement occupé le poste le long de la rive ouest de la Lawe en incluant le Pont tournant. Le quatrième Gordon Highlanders reste en réserve sur Les Caudrons.

À 19 heures, l'artillerie divisionnaire est entrée en action, entre le village de Paradis et La Croix Marmuse.

Ainsi, à la tombée du jour la division était en position et en ordre de bataille comme dans les opérations sur Bapaume: la 154ème brigade sur la droite et sur la gauche, la 152ème brigade dans le centre, et la 153ème brigade sur le sud. La jonction a été faite sur la droite avec la 55ème division, qui était encore sur sa position d’origine, mais avait été contrainte de former une défensive sur son flanc qui communiquait avec la Lawe, car sur sa gauche la 50ème division était fortement engagée sur Estaires.

Cependant une partie du sixième Gordon Highlanders fait son chemin sous un feu nourri, et mène avec succès son retour au village.

Oui, pour nous ce fut bien la « bataille de la Lawe » !

Le pont principal saute la même nuit, mais le feu dirigé contre les autres ponts était si précis qu'ils étaient intacts. Des tentatives ont également été faites pour faire sauter les ponts dans la boucle de Lestrem, mais elles ne sont que partiellement couronnées de succès, et aucun des ponts n’a été totalement détruit. À 8 heures l'ennemi, étant admirablement dirigé par ses officiers, réussit à conquérir le passage à l'écluse du Rault et au Pont Riqueult. Le nom d’un sous-officier a été mentionné dans un communiqué officiel allemand pour ces actions et les initiatives dont il a fait preuve. Les défenseurs des ponts ont été repoussés, et repliés sur le front le long de la route La Fosse-Lestrem.

A 10 heures 30 l'ennemi traverse le pont de Lestrem et entre dans le village. Il est cependant, contre-attaqué par le 6ème DCLI de la 50ème division et repoussé dans la rivière, le pont restant ni à l’un ni à l’autre.

Tout au long de l'après-midi l'ennemi fait des tentatives répétées pour franchir la zone, mais le 6ème Black Watch, avec dix fusils Lewis, et le 7ème Gordon Highlanders avec huit mitrailleuses, répondent à toutes les attaques et infligent de grandes pertes aux assaillants.

Au cours de ces opérations, le lieutenant R. Scott de la 256ème brigade RFA (depuis tué au combat), observait l'ennemi près de la rive de la rivière. Il a immédiatement envoyé un messager à sa batterie pour demander une arme à positionner. Il a ensuite choisi une position pour elle, et pris toutes les dispositions pour ouvrir le feu à l’arrivée de l’ennemi. La mitrailleuse est entrée en action à 17 heures 30  et a été très efficace à courte portée faisant de nombreuses victimes, il est resté en action pendant trois heures. Ceci et beaucoup d'autres actions audacieuses ont considérablement renforcé la résistance de l'infanterie.

Pendant la nuit, la 10ème division a reçu l’ordre d'étendre son front sur un point à 400 mètres au nord de Lestrem, deux compagnies du 7ème Black Watch sont envoyées pour reprendre position en face de la 50ème division. En attendant la 61ème division en retrait des 50ème et 51ème, afin de s'assurer qu'aucun écart ne devait exister entre leurs flancs. Deux bataillons de la 61ème division, le 2 / 6 et le Warwicks / 5 DCLI 1, sont mis sous les ordres de la 51ème division. Avant la nuit, l'ennemi avait été observé depuis quelque temps.  Il manœuvrait de toute évidence pour une nouvelle attaque. Son artillerie avait harcelé l’est de la Lawe.

Peu de temps après la tombée de la nuit une attaque massive est lancée à partir de La Fosse vers le nord. L'ennemi réussit, après une courte lutte, à repousser la garnison et l’oblige à se frayer un chemin vers le pont de La Fosse. Ils ont cependant si bien résisté à l’ennemi, avec une telle vigueur qu'ils ont pu en bon ordre retraverser le pont, et le détruire ensuite.

La ligne de front du poste de Lestrem a été éventrée peu après l'attaque. L'ennemi, ayant  conquis une habitation dans la ligne de front, il a élaboré une série de fortes attaques vers le nord et vers le sud. Il a rencontré un certain succès au nord et a envahi la partie nord de Lestrem, mais là, il a été paralysé par le 7ème Black Watch.

Au sud, il atteint le village de La Fosse, où un flanc défensif formé par les Gordon Highlanders a retenu leur avance jusqu'à minuit. Dans l'obscurité pendant plus de trois heures, les défenseurs de ce flanc, après une courageuse résistance ont finalement été repoussés, ils étaient 150 de l’Edward King's Horse et du cinquième Seaforth Highlanders, à plusieurs reprises ils se maintiennent contre les attaques jusqu'à ce que la pression devint trop forte pour eux et ils se replièrent à la Croix Marmuse route Zelobes

A ce stade, la division formait toujours une ligne de défense continue. La 154ème brigade, le sixième Seaforth Highlanders, et la compagnie du 6ème Gordon Highlanders  de Vieille- Chapelle, ont gardé leurs positions. Le reste de la sixième Gordon Highlanders avait été disposé dans et autour de Zelobes et trois compagnies du 5ème Seaforth Highlanders  aux environs de la Croix Marmuse ; une compagnie du 8ème Royal Scots et le 7ème Gordon Highlanders entre La Croix Marmuse et l'Epinette ; les 6ème et 7ème Black Watch entre l'Epinette et la limite nord de la division. En arrière de cette ligne 500 hommes en renfort de la 4e Seaforth Highlanders étaient aux Croupaux ( ?) ; les 4ème Gordon Highlanders à La Tombe Williot; une compagnie du 8ème Royal Scots au Paradis et l'autre au Pacault ; le 39ème bataillon  Machine Gun avec une demi-compagnie au Paradis et deux compagnies à Calonne-sur-la-Lys; une compagnie et demie de la 6ème Warwicks au Pacault et deux compagnies du cinquième DCII à La Pierre au Beurre.

Il faut cependant admettre que s'il y avait une ligne continue opposée à l'ennemi, les unités qui la constituent étaient dans de nombreux cas dans un grand état de désorganisation qui était dû au manque d’officiers, les combats incessants dans le noir avaient non seulement décimé les pelotons et les compagnies, mais aussi mêlé les hommes des différents bataillons, par conséquent le contrôle a donc été de plus en plus difficile à exercer dans cette position. Avant que la réorganisation soit terminée, une nouvelle attaque a éclaté à l'aube du 11 avril. Sur la plus grande partie du front de la division l'ennemi a poursuivi son attaque avec une force suffisante et trouvé les points faibles des défenses. Il en résulta qu'il avait bientôt pénétré jusqu’à la route entre l'Epinette et la Croix Marmuse. De ce point, comme à son habitude, il fait tous les efforts pour étendre son avance au nord et au sud.

Après que nous eûmes considérablement combattu, l'ennemi a soutenu ses attaques de flanc en même temps que de lourdes attaques frontales. Nos troupes ont dû retourner sur le chemin Zelobes-Paradis. Cependant, le terrain n’était abandonné qu’après des combats désespérés, dans lesquels l'ennemi était contraint de payer cher  son succès.

Les Jocks, en dépit de leur désorganisation, offraient une résistance opiniâtre et vaillante à l'initiative des sous-officiers. Au vu des progrès accomplis par l'ennemi, il est devenu évident peu après l'aube que les positions des batteries de campagne qui étaient en action allaient bientôt devenir intenables.

L’ordre a donc été donné pour les deux brigades de se retirer sur des positions précédemment reconnues, La 255ème brigade près de la bordure orientale du bois du Pacault et la 256ème brigade à proximité du Cornet Malo.

L'ennemi avançait, tandis que des deux brigades, seules les batteries se retiraient. A leurs nouveaux postes, elles sont entrées en action. Ce tir de couverture était la plupart du temps à vue, donc très efficace, il a maintenu l’ennemi à moins de 600 mètres des batteries. Ils ont ouvert le feu sur eux avec des mitrailleuses. Leur ligne de front principale était environ à 500-600 mètres à l'ouest de la route l'Epinette-Zelobes. Deux compagnies du 8ème Royal Scots s'établirent en retrait de cette ligne. Ils ont aidé non seulement à couvrir le retrait des armes à feu, mais aussi à sauver les munitions des deux brigades, très peu de choses non utilisées sont laissées sur le terrain.

Vers 6 heures 45 les 152ème et 153ème brigades sont déplacées à mi-chemin entre Le Cornet Malo et Riez-du-Vinage. Le lieutenant-colonel LM Dyson DSO commandant la 256ème brigade RFA a reçu l’ordre de prendre le commandement de la 153ème brigade d'infanterie à la place du brigadier général AT Beckwith. CMG. DSO, celui-ci avait été gazé pendant les opérations en mars, et souffrait beaucoup des effets. Il a cependant vaillamment continué à exercer ses fonctions jusqu'à ce que son état devienne si grave qu'il a dû être admis à l'hôpital.

Par ailleurs, à Vieille-Chapelle une compagnie du 6e Gordon Highlanders et l’Edward King's Horse offraient une résistance qui devrait devenir historique. La garnison avait empêché le passage de la rivière à l'ennemi pendant deux jours et deux nuits, mais ces combats acharnés en continu les avaient maintenant complètement isolés des troupes. Leurs canons furent poussés dans la rivière en grand nombre à la fois au nord et au sud de leur position. Une batterie de campagne de canons allemande a été mise en action à 600 mètres d'eux à l'ouest. A 07h45 un message pigeon a été reçu par le capitaine J. R. Christie, indiquant que sa situation était  "presque insupportable". Christie cependant, a décidé avec ses hommes que, compte tenu de leurs ordres, la cession était hors de question. Ils ont décidé de faire un effort désespéré pour se dégager. Leur meilleure chance semblait être de faire une sortie vers leur droite où l'ennemi ne semblait pas être d’une grande résistance comme il l’était ailleurs. Les mitrailleuses ont été mises en œuvre pour couvrir le retrait, tandis que les restes de la garnison se dirigeaient de l'autre côté du village. Là, ils ont été accueillis par une tempête de balles de mitrailleuses et de fusils. Le capitaine Christie était touché par une balle dans le genou droit, mais il a réussi à rejoindre les survivants de son groupe en rampant jusqu’à la ferme où les survivants étaient contraints à l'abri. Six hommes successivement se firent tuer en voulant neutraliser la  mitrailleuse qui les immobilisait à la ferme.

Le capitaine Christie, incapable de marcher en raison de sa blessure, rampa lui-même pour tenter de mettre l'arme hors d’action. Il a été immédiatement frappé de nouveau, son bras droit étant brisée par une balle. L'ennemi est entré dans Vieille Chapelle et a capturé le reste de la garnison, une poignée d'hommes blessés. Comme le lieutenant-colonel Lionel James, commandant du Edward King’s Horse, écrit dans son rapport: " Il est impossible de parler avec calme du capitaine J.R. Christie, du 6ème Gordon Highlanders, de ses officiers, et des lieutenants Stein, Pinckney, et Laurenson du Edward King’s Horse. "

À 17h15 le 9 avril le lieutenant Pinckney, du Edward King’s Horse, a quitté Vieille-Chapelle avec un  message au colonel James, affirmant que la situation était désespérée. Ce brave officier a fait le chemin de retour vers Vieille-Chapelle, avec comme instruction de faire sauter le pont. Trente-six heures plus tard, à 8 heures le 11 avril, le pont était toujours détenu.

Le capitaine Christie avait heureusement récupéré de ses blessures dans les mains des Allemands, et pour son exemple et son dévouement il lui a été décerné le DSO. (Diplôme d’Officier Supérieur ?)

Au cours de l'action à Vieille-Chapelle l'ennemi avait du mal à étendre son emprise sur la route Lestrem-La Fosse-Locon vers le sud. Avec cette tentative de lourdes pertes lui ont été infligées. Un grand nombre d'Allemands marchant le long de la route en rangs serrés ont été tués par l'artillerie, tandis que les mitrailleuses et les canons Lewis profitaient pleinement des splendides objectifs qui leur étaient offerts par l'avancée des troupes ennemies.

Peu à peu, cependant, en dépit de leurs pertes, ils forcèrent un chemin entre Zelobes et Vieille-Chapelle. Là, deux pelotons du sixième Seaforth Highlanders gardant l'extrémité ouest du pont de Vieille-Chapelle se sont trouvés isolés et coupés, ils ont continué à résister entièrement entourés pendant que le 6ème Gordon Highlanders et les cavaliers du roi Edward tentaient une sortie de Vieille-Chapelle.

Les réserves ont été réduites à une seule company le 39ème Machine Gun Battalion et la 404th Compagnie RE aux environs du bois du Pacault les trois autres company du 39ème Machine Gun Battalion étaient déjà en place entre Le Cornet Malo et Calonne. On peut constater que si la ligne, comme cela a été indiqué, était continue, elle pouvait être comparée à un patchwork. Il était devenu évident que les ordres contradictoires de la division ou du commandant de brigade seraient susceptibles de ne pas être mis en œuvre avec succès. Tout ce qui pouvait être attendu était que chaque unité serait coordonnée au mouvement des troupes sur ses flancs, le succès de cette coordination dépendant de la directive des commandants locaux, qui dans bien des cas étaient des jeunes officiers, ou même des jeunes sous-officiers.

L'ennemi a poursuivi ses efforts au cours de l'après-midi, avec pour résultat, le repli de la ligne de front vers Le Vert Lannot et La Tombe Williot. Sur la gauche, cependant, les combats n’étaient pas si graves, même si l'ennemi était parvenu à occuper l'ensemble de Paradis.

Pendant ce temps un grand nombre d'hommes de tous les régiments qui s'étaient détachés de leurs unités avaient dans la matinée été recueillis au siège de la 153ème brigade. Ils étaient cependant absolument sans officiers, et presque entièrement sans sous-officiers. Des bénévoles ont donc été appelés à partir des 12ème et 256ème brigades australiennes d'artillerie de campagne pour venir encadrer ces fantassins. Parmi ceux qui se sont présentés, le capitaine Rickard MC et le lieutenant Seton MC, du12 Australiens, et les lieutenants Inkson et Gordon de la 256ème brigade. Ils ont été sélectionnés pour réorganiser les hommes et faire que leurs actions progressent. Ces quatre officiers mitrailleurs, agissant comme commandants de peloton, ont fait un travail admirable dans des conditions difficiles. Après avoir mené leurs troupes vers l'avant, ils sont restés avec elles dans l'action jusqu'au 13 avril. Tout au long de cette période ils ont gardé leurs troupes bien en main, en particulier au cours de la série de retraits en formant l'arrière-garde, tous se sont montrés très capables de diriger l’infanterie.

En première instance, les hommes ont d’abord été formés, puis ils ont pris position à l'arrière de la ligne Pacault-Bouzateux, avec d’autres bataillons de la 61ème division, ils ont eu pour ordre de prendre en charge toute la chaussée nord de l’Orient à l'Occident en passant par l'Epinette. A 16 heures 30 le premier de ces bataillons, le cinquième Gordon Highlanders, le dernier de la division Highland, prit position le long de l'ancienne Lys, avec son flanc gauche en contact avec la 50ème Division.

La situation semblait être en amélioration: une réserve supplémentaire avait été envoyée en renfort de la division. Elle a rejoint la 50ème division au nord, Givenchy au sud.

Il y eut par la suite une magnifique résistance de la 55ème division. La 154ème brigade s’est maintenue sur le flanc droit avec la même efficacité et la même manière qu'elle l'avait fait trois semaines plus tôt à Hermies et Beaumetz. Par ailleurs, une autre division, la 3ème, se déplaçait pour soutenir la 154ème brigade et la 55ème division. Dans ces circonstances le général Carter-Campbell a décidé de tenir une position plus ferme en retirant ses troupes tout au nord de la ferme du Bouzateux sur la route Paradis-Merville, de façon à rejoindre de manière satisfaisante la ligne tenue par les Highlanders. Au cours de ces opérations, les combats ont nécessité de nouveaux retraits des brigades d'artillerie, la 255ème brigade prit position à Riez-du-Vinage, la 256ème brigade à Carvin, et à l'ouest de la Clarence à Calonne-sur-la-Lys.

Au cours de la nuit du 11 au 12 un nouvel ajustement dans l'infanterie a eu lieu, la 76ème Brigade de la 3ème division est arrivée pour soulager la 154ème brigade jusqu'à et y compris La Tombe Williot, ne laissant qu'une très petite partie du front tenu par les renforts du quatrième Seaforth, sous le commandement du général Buchanan. L'ordre de bataille dans la ligne de front était maintenant comme suit: les renforts du quatrième Seaforth s’étendaient de la moitié de la Tombe-Williot jusqu’au Pacault, le 2 / 6 et 8 Warwicks Royal Scots continuaient la ligne, à l'exclusion de la ferme du Bouzateux ; les éléments de la 153ème brigade tenaient la ligne le long de la route Pacault-Merville, à l'ouest de la ferme du Bouzateux. Sur la gauche le cinquième DCLI, qui était en contact avec les Highlanders du cinquième Gordon sur l’ancienne Lys.

A l'aube du 12 un effondrement soudain et désastreux arriva. L'ennemi avait lancé une attaque surprise sur le centre de la position. Des patrouilles de la 2 / 6 Warwicks couvraient ce côté, mais elles n'avaient pas l'information que l'ennemi s'avançait, ayant sans doute été coupées.

À 05h15 il a été signalé à partir d'un poste d’artillerie au Pacault que l'ennemi pouvait être vu en train de progresser. Au même moment des hommes étaient obligés de se replier sur la position de la 2 / 6 Warwicks à l'ouest du Pacault et au poste du huitième Royal Ecossais. Dans le village, le commandant et l'adjudant du bataillon précisent qu’ils étaient coupés. Cinq minutes après ce rapport au PC du Pacault une attaque ennemie, au fusil à courte portée et mitrailleuses, parvient à Riez-du-Vinage à l'est, au sud et sud-ouest.

Cette attaque dura jusqu’au 14 avril 1918 et a atteint Robecq et St-Venant.

Après être passée à Lestrem, la guerre continue son chemin jusqu’au reflux des troupes allemandes, le 3 octobre 1918. Les Britanniques parviennent enfin à se rendre maîtres des positions de la ligne La Bassè-Armentières qu’ils avaient tant de fois cherché à conquérir. Le 17, Lille est repris.

Outre nos morts restés sur les différents champs de bataille du pays, Lestrem a perdu ses maisons, ses châteaux et ses églises. Car ce qui avait échappé à l’offensive de 1914 et à l’invasion de 1918 fut détruit par la contre-attaque.

 

Source : Petites Histoire de Lestrem II par l'association Valorisation du Patrimoine de Lestrem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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