Vestige de l'écluse du Rault

 

Vestige de l'écluse du Rault

La Lawe, une voie devenue navigable

Elle prend sa source à Rocourt-en-l'Eau (Pas-de-Calais), passe à Magnicourt-en-Comté, Bruay-la-Buissière, Béthune, Essars, Locon, La Couture, Vieille-Chapelle, Lestrem, se jette dans la Lys au niveau de La Gorgue après un parcours de 41,1 kilomètres.

Son nom, la Lawe, pourrait provenir de la racine hydronymique prélatine Ava. La Lawe s'est en effet appelée l'Awe et même l'Awiette.

La Lawe fut classée navigable jusqu'après la seconde guerre mondiale, mais elle est toujours restée à un stade archaïque de canalisation avec deux écluses, deux pertuis et une paléo-écluse parfaitement visible, cette dernière se trouvant tout près de son confluent avec la Lys, à La Gorgue.

Vrais et faux affluents

La Lawe a des affluents : la Brette, la Biette, la Blanche, le ruisseau de Caucourt, le Turbeauté, le fossé d'Avesnes et la Loisne.

La Brette et la Blanche ne sont pas des affluents mais la séparation de la rivière en deux cours d'eau, après le moulin de Gosnay. Ces cours d'eau creusés de main d'homme en grande partie servaient à l'alimentation en eau des fortifications de Béthune, jusqu'à la fin du XIXe siècle (voir la Brette).

La Blanche rejoint actuellement la Brette à hauteur du moulin d'Annezin. Après la destruction des fortifications de Béthune, elle faisait encore une incursion dans cette ville, en décrivant une large boucle et en ramassant au passage durant des années les déchets des abattoirs de Béthune. Après la fermeture des abattoirs, les terrains qu'elle traversait en aval de la ville ont été aménagés.

Le cours de la rivière a été détourné pour rejoindre plus rapidement la Brette.

Le Turbeauté est un cours d'eau qui se forme dans le marais des communes d'Annezin et de Fouquereuil. Il est alimenté en eau par les puits artésiens du marais. Le Turbeauté rejoint la Lawe après un parcours d'environ 2 km. Au XVIIIe siècle, il avait un cours plus long et plus libre. Il assurait la protection du château des seigneurs d'Annezin et ne rejoignait la Lawe qu'après plusieurs kilomètres, vers le village de Locon. Mais au XIXe siècle, le propriétaire du château, M. Bartier, détourna le cours d'eau dans le lit qu'il occupe aujourd'hui.

La Lawe, à travers les siècles.

Extrait de la revue du Sipal (Syndicat Intercommunal Pour l’Aménagement Hydraulique du Bassin de la Lawe).

Depuis toujours, la Lawe a été l'épine dorsale du Bruaysis et du Béthunois. Elle a marqué et construit l’histoire locale. A Lestrem également la vie s’articule autour de la Lawe. Une grande partie du commerce passe par ce moyen de transport. A la charnière entre le pays d'Artois et le Bas-Pays flamand, Béthune était à l'écart des principales voies de communication terrestres, pas de grande voie romaine ni ensuite royale ou impériale car au nord, les chemins et chaussées de la plaine de la Lys étaient le plus souvent impraticables l'hiver.

Le Béthunois lui doit son développement

Sa situation au point de départ de la navigation sur la Lawe a permis à Béthune l'essentiel de son développement en facilitant les échanges vers la riche Flandre et les ports maritimes. Déjà, au Xllème siècle la Lys est aménagée pour la navigation de Gand à Aire. Quelques affluents le sont également, comme la Lawe. Ces rivières sont sillonnées par de petites barques à fond plat et faible tirant d'eau armées en leur centre par un mât portant une vergue, et dont l'équipage est constitué par plusieurs hommes : un batelier à l'avant, muni d'une gaffe pour reconnaître les obstacles, et des ouvriers au service du batelier.

En 1180, des écrits de Robert V attestent la circulation de nefs à voile sur la Lawe, sur la partie navigable de 18 km, de la Lys jusqu'aux berges aménagées de Catorive.

Quinze jours pour remonter la Lawe !

Les historiens pensent que la ville de Béthune a fait canaliser la Lawe dès le XIIe siècle. Les travaux devaient en être assez rudimentaires. Quand les Habsbourg prennent possession de notre province, au début  du XVIe siècle, ils font réaliser une enquête sur la situation du trafic. Elle leur apprend que les bateaux mettent quinze jours pour parcourir les quelque dix-huit kilomètres séparant Béthune de la Lys. A peine plus d’un kilomètre par jour.

En 1332 les meules des moulins du Béthunois arrivent par la mer à Saint- Omer, sont charriées jusqu'à Aire, puis remises sur bateau pour gagner le rivage de Béthune. Une partie du voyage est effectuée par voie de terre, le canal d'Aire à Saint-Omer n'étant pas encore creusé.

Lorsque les méandres sont trop importants, comme à Lestrem et La Gorgue, la traction est assurée par deux « haleurs », un sur chaque berge, pour mieux diriger le bateau.

De tous temps, la ville de Béthune veille à améliorer sa rivière. A partir du XIIIème siècle des "portes d’eau '' et ''barrages-écluses'' assurent un niveau d'eau suffisant. En 1344, les habitants demandent au gouverneur d'Artois et au bailli de Béthune la réalisation de travaux sur la Lys pour faciliter la circulation des bateaux vers la Flandre.

Laine, harengs, vin, épices...

La Lawe peut porter de « grosses nefs » autorisées à charger jusqu'à « 36 muids de grains » soit environ 25 tonnes (ordonnance de 1347 de Jeanne de Flandres) mais souvent moins en raison de la faible profondeur surtout l'été.

La Lawe fait vivre les habitants. Ces nefs remontant par la Lawe, venant de Saint-Omer (via Aire-sur-la-Lys) ou de Flandre (Gand, Bruges,…), apportent de la laine d'Angleterre, du vin, de la bière, du poisson (hareng et saumon), des légumes, du sel, des peaux, des épices, etc.
Au retour, elles transportent de l’avoine, du blé d’Artois, des draps, du sable, du grès et de la chaux. Le tout chargé et déchargé par la corporation des portefaix, ou ''porteurs-au-sac''. La Lawe, qui se jette dans la Lys à La Gorgue permet en effet de commercer avec de grandes villes comme Gand, Anvers, Cambrai ou Valenciennes ou même avec Lille en remontant la Deûle. Béthune est alors une plaque tournante et Catorive est le quartier où tout arrive et d’où tout part.

L'activité béthunoise bénéficie de sa situation de "terminus" de la navigation. Beaucoup de marchandises ne font à Béthune qu'une étape et la route complète la liaison vers l'arrière-pays, l'Artois oriental, et Arras qui n'a alors pas de rivage. Jusqu’alors, la navigation  ne commence qu’à un peu plus d’un kilomètre en aval de la cité. Pour faire arriver les embarcations plus près de Béthune, un canal de 1 356 mètres de long est creusé à la pioche en 1510. Son extrémité baigne les fortifications sur le site de l’actuel quartier de la poste. En ce temps, les échevins visitaient régulièrement la Lawe qui était propriété de la ville de Béthune, de l’éperon de Gosnay à la Choque Bernard (Borne délimitant les terres d'Artois et de Flandre à la Fosse-Lestrem).

Un nouveau "rivage"

Charles-Quint fait donc creuser un canal long de 1,358 km. Il relie la Lawe, depuis l'écluse de ''l'Argent Perdu", jusqu'au pied des fortifications (porte ''de la Vigne '' devenue "du Rivage''). Un nouveau "rivage'' est construit (sur l’actuelle place Joffre) qui permet les déchargements aux portes mêmes de Béthune (faubourg du Rivage). Fort bien équipé pour l'époque ce port dispose de quais en pierre, grues, chèvres, bigues, entrepôts, bâtiments pour les voyageurs, etc. Le faubourg du Rivage se développe alors rapidement.

Une navigation intermittente

     A la veille de la révolution, les états d’Artois financent des travaux de restauration de la Lawe, dont le cours a été redressé à diverses époques. Une notice sur les voies navigables du Nord-Pas-de-Calais réalisée en 1900 par l’administration, décrit le trafic à la fin du siècle dernier. En raison de l’étroitesse de la rivière (5 mètres de large en moyenne et 9,50m à la ligne de flottaison), les croisements  de bateaux y constituent des manœuvres  délicates. Ces manœuvres ne peuvent s’accomplir qu’à certains endroits bien précis, dans les gares naturelles ou artificielles aménagées près des écluses ou des ponts. Ainsi des règlements de 1808 à 1856 stipulent que les navires doivent marcher en convoi, accomplir le trajet en un jour et se croiser vers midi entre le Pont-Maudit et le pont-levis de Vieille-Chapelle. Cette disposition  était difficilement appliquée : « Le départ des points extrêmes a lieu dans les conditions prescrites, mais on arrive quand on peut » constate l’observateur de 1900. En outre la navigation est intermittente. Pour économiser l'eau, elle n’est autorisée que trois fois par semaine, les "jours de trau", les lundi, jeudi et samedi, tant dans un sens que dans l’autre. Le chemin de halage est large de 5m dans le meilleur des cas. Il n’est qu’en partie empierré. Ce chemin borde la Lawe sur la rive droite de Béthune au Pont Riqueult. Puis sur la rive gauche du Pont Riqueult à la Lys. En 1900 il n’est classé comme voie publique dans aucune partie de son parcours. Près de onze kilomètres appartiennent à l’Etat. Sur le reste du trajet, on doit traverser des propriétés privées riveraines. Sur cette zone de servitude, des barrières se dressent parfois, notamment sur le territoire de Lestrem et de La Gorgue…

Mille bateaux par an

Dans ces conditions, plus de mille bateaux naviguaient encore chaque année à la fin du XIXe siècle. Les statistiques de 1875 indiquent 537 embarcations chargées et 691 vides…

Pour le frêt, les matériaux de construction (19 860 t en 1898) devancent largement les produits agricoles (6 092t). On transporte aussi des engrais ou du bois.

 

Source : Petites Histoire de Lestrem II par l'association Valorisation du Patrimoine de Lestrem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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